Las posmemorias / Les post-mémoires
Perspectivas latinoamericanas y europeas / Perspectives latino-américaines et européennes

Couverture du livre: dessin avec une petite fille qui mange un épi de maïs

Cet ouvrage, rédigé sous la direction de Cecilia González et Teresa Basile, propose des synthèses et des études de cas sur les « post-mémoires » dans diverses aires linguistiques et culturelles d’Amérique latine et d’Europe. Peut-on circonscrire une production intellectuelle, culturelle et artistique propre aux « générations d’après » ? Quelle approche des violences politiques du XXe siècle européen et latino-américain les caractérise ? Quels rôles endossent ces héritiers d’un passé dont ils n’ont pas été les protagonistes mais qu’ils ne cessent de réélaborer ?

Enracinés dans l’histoire du sous-continent, pris dans l’échiquier d’une Guerre Froide déplacée à des scènes périphériques, des conflits armés de nature diverse ont marqué la seconde partie du XXe siècle latino-américain. Une vaste littérature testimoniale vint certifier ces violences et donner la parole aux victimes.

À l’instar des générations d’après-guerre européennes, les héritiers de ces conflits latino-américains reviennent inlassablement, dans leurs manifestations littéraires, artistiques, filmiques, sur ces passés de violence, dans une production qui, dès la fin des années 90, ne cesse de rapprocher littérature et sciences sociales, fiction et archives, et de proposer des formes renouvelées d’intervention artistique. 

Ce volume étudie les rôles endossés par ces héritiers d’un passé dont ils n’ont pas été les protagonistes mais dont ils assument le poids pour faire face aux blessures de leurs parents et de leurs grands-parents, voire à des conflits politiques et sociaux non résolus.

Cet ouvrage réunit les travaux de 28 chercheur·e·s latino-américain·e·s, étasunien·ne·s et européen·ne·s dans diverses aires linguistiques et culturelles, intégrant – en vue d’une approche croisée de ces corpus - l’Amérique Latine et l’Europe.  Ils présentent des synthèses ou des études de cas sur les « post-mémoires » de l’Argentine, le Chili, l’Uruguay, le Brésil, le Pérou, l’Amérique Centrale, d’une part ; de l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Europe Centrale et les pays de l’ancienne URSS, de l’autre.

Un certain nombre de questionnements sont soulevés par ces travaux qui posent notamment la question de l’opérativité de concepts liés à la constitution d’une mémoire transculturelle (« travelling memory », « connective memory », « diasporic memory ») et s’interrogent sur la diversité de catégories qui ont essayé de cerner, au fil des décennies, la nature complexe de ces mémoires (postmemory, mémoire interdite, mémoire trouée ou blessée, mémoire absente, mémoire prothétique, entre autres).

Contact : Cecilia González (cecilia.gonzalez @ u-bordeaux-montaigne.fr)