L’écriture-archive de Felipe Orero (1974-1979) : pour une autre histoire du mouvement libertaire espagnol
Séminaire SIRENH - Aránzazu Sarría Buil

couverture de livre et photo de José Martinez

Un séminaire consacré à la pensée libertaire à la fin du franquisme

Dans l'Espagne du début des années 70 du siècle dernier, la lutte contre le franquisme se menait également dans le domaine de l'édition. Les livres sur la guerre et le régime, qui arrivaient clandestinement de Paris, portaient la marque de la maison d'édition Ruedo ibérico, dont l'objectif était de démanteler le récit officiel et la propagande de la dictature. Dans ce séminaire, nous souhaitons nous intéresser à la figure sans visage qu’était Felipe Orero, pseudonyme qui incarnait l’esprit libertaire de José Martínez, directeur et âme de cette maison d’édition.

Si sa contribution en tant qu’éditeur a consisté à concevoir des espaces de réflexion politique, à tisser des relations au sein de l’opposition, à établir des liens transnationaux et à faire revivre l’histoire et la mémoire du mouvement libertaire espagnol, sa facette d’auteur n’avait jusqu’à présent pas été prise en compte. C’est précisément l’intention qui sous-tend la compilation de ses Escritos (1974-1979) (Postmetropolis, 2025), à savoir : mettre en lumière sa pensée et la radicalité de son discours qui ne tarderait pas à devenir le fer de lance du projet politique auquel aspirait José Martínez pour la période post-franquiste.

À travers les pages de la revue Cuadernos de Ruedo ibérico, mais pas uniquement, il a développé une écriture-archive où se côtoient l’expérience de la guerre et de l’exil, la mémoire et la connaissance de l’histoire. Il a ainsi cherché à prendre le pouls de l’actualité du mouvement libertaire des années 70, en donnant la parole aux militants de plusieurs générations et en se faisant l’écho de leurs luttes passées et présentes. La cause qu’il a faite sienne consistait à redonner au mouvement syndical sa place centrale dans l'action sociale, dans le but de relier la pluralité des sensibilités libertaires des années 70 au substrat historique anarcho-syndicaliste, et donc révolutionnaire, de la CNT.

Vendredi 26 juin 2026, 13h30, salle BUDL 206