Colloque De la generación del 27 a las Sinsombrero: memoria y relecturas de las vuanguardias femeninas en España
Appel à communication(s)/Convocatoria
Du 25 mars 2027 au 26 mars 2027
Ernestina de Champourcín, Carmen Conde, Concha Méndez, María Teresa León, Rosa Chacel, María Zambrano, Maruja Mallo, Josefina de la Torre, Zenobia Camprubí, Luisa Carnés, Elena Fortún, Margarita Ferreras, María Teresa León, María de la O Lejárraga, Isabel Oyarzábal… Ces noms n’évoquent pas encore un imaginaire aussi fourni que ceux de leurs contemporains masculins (Ramón Gómez de la Serna, Federico García Lorca, Vicente Aleixandre, Luis Buñuel, Rafael Alberti, Luis Cernuda, Salvador Dalí, etc.), représentants des avant-gardes artistiques ou de la Génération de 1927, qui incarnent un moment exceptionnel de l’histoire littéraire, intellectuelle et artistique de l’Espagne, « l’âge d’argent », brisé par la guerre civile. La Génération de 27, en Espagne, renvoie à un ensemble d’artistes et d’intellectuels, avant tout poètes, liés par l’amitié (on l’appelle parfois « generación de la amistad »), par des collaborations, par un même élan expérimental et avant-gardiste, qui plonge ses racines dans les grandes traditions littéraires et artistiques nationales. Le groupe de 1927 s’est en quelque sorte constitué lors d’un hommage à Luis de Góngora pour le tricentenaire de sa naissance (Cano, 1973 ; Soria Olmedo, 2007), et à partir de la première anthologie de Gerardo Diego, Poesía española. Antología española 1915-1931, exclusivement masculine, comme le lui reprochèrent ses contemporaines. En réalité, l’avant-garde espagnole ne se limitait pas à l’expression lyrique, pas plus qu’aux hommes artistes. De nombreuses jeunes femmes, écrivaines, poétesses, peintres, sculptrices ou philosophes, la « generación oculta » selon Mara Jarones (2017), partagèrent l’effervescence des tertulias, lectures, conférences, expositions ou publications de ce mouvement. Elles en firent pleinement partie, à ceci près que la plupart de leurs contemporains, au moment de se raconter, marginalisèrent leur apport, et que leurs noms ont été quasiment effacés de l’histoire pendant la période franquiste jusqu’à une redécouverte relativement récente dans le champ académique, culturel et institutionnel. En effet, il s’agissait en majorité de femmes proches du camp républicain, par la suite exilées ou obligées à un certain « exil intérieur », et de femmes émancipées dans le contexte d’une dictature qui revient sur les droits obtenus par les femmes pendant la Seconde République. Différents travaux universitaires, documentaires et ouvrages ont contribué à identifier et à rendre visible une génération féminine de
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27 (ou une autre « Edad de Plata »1), à la faire connaître au grand public, notamment en promouvant l’expression « Las Sinsombrero ». Ce terme, au-delà de l’anecdote — un jour, Maruja Mallo, Margarita Manso, Federico García Lorca et Salvador Dalí auraient ôté leur chapeau sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, choquant les passants (Balló, 2023) —, renvoie à un groupe de femmes artistes, écrivaines, poétesses et intellectuelles affirmant leur vocation, leur liberté et leur place dans l’intelligentsia du pays, reliées par un réseau d’amitiés très dense. Le symbole du chapeau ôté incarne alors le refus de certaines normes sociales limitant la vie des femmes, l’affirmation résolue du droit à exister en tant qu’artistes ou intellectuelles singulières. Tània Balló, dans son premier ouvrage sur « las Sinsombrero » (2016), rappelle que si la Génération de 1927 est aujourd’hui reconnue, ses membres féminins ont été marginalisés par la dictature franquiste et par la Transition qui a réhabilité cette génération « au masculin » (Balló, 2023 : 18). Alors que les intellectuels revenus d’exil ont pu être accueillis en héros, leurs homologues féminines ont été condamnées à un second oubli : « Ellas también volvieron a casa, pero parece ser que la Historia no las esperaba » (Balló, 2023 : 18).







