Appels à contribution

Histoire des (in)égalités ethno-raciales au Mexique, Amérique Centrale et Caraïbes (XVIIIe-XXIe siècles)

Castas races 1784
Le Colloque d’Etudes Centraméricaines AMERIBER programmé au mois de juin 2018 (mardi 19 et mercredi 20 JUIN 2018) à Bordeaux (France) propose un espace de rencontre pour une nouvelle réflexion sur la thématique de « l’ethnique » et du « racial » en Amérique latine en se focalisant sur les inégalités ethno-raciales et en analysant une longue période historique (XVIIIe-XXIe siècles) et trois territoires différentes (le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes). 

Convocatoria PDF - Appel à communication PDF

Las propositions de communication:Les propositions de 400 mots maximum seront adressées, accompagnées d’une brève présentation biographique (10 lignes) et de la mention des trois publications principales de l’éventuel participant, au plus tard le 28 février 2018.Las propositions seront envoyées à: Ronald SOTO-QUIROS ronald.soto-quiro [at] u-bordeaux.fr et Catherine LACAZE Lacazecatherine [at] gmail.com. Ces propositions seront examinées par un comité scientifique.Une publication des communications présentées est envisagée. Les frais de voyage et de séjour sont à la charge de chaque participant.  Il n’y a pas de frais d’inscription.

Dans le cadre de ses recherches, le groupe de travail “Recherches Américanistes” de l’équipe pluridisciplinaire AMERIBER (Péninsule Ibérique et Amérique Latine) de l’Université Bordeaux Montaigne, invite au colloque international d’études centraméricaines qui aura lieu à Bordeaux (France) au mois de juin 2018, les mardi 19 et mercredi 20 juin.Thématique La thématique de « l’ethnique » et du « racial » en Amérique Latine a été abordée à de multiples reprises selon divers angles d’approche et depuis des disciplines très différentes. Le sujet a été traité pour diverses périodes historiques, en mettant l’accent sur des aires déterminées de la région ouen se focalisantsur des pays spécifiques. Ces études ont été développées suivant des problématiques très variées : le métissage, l’ethnicité, la « race », le racisme, la nation, les nationalismes, les identités nationales, les identités culturelles, les migrations, la citoyenneté, la discrimination, le multiculturalisme, etc.De manière générale, la problématique des « inégalités »a aussi été abordée depuis des perspectives très diverses ; les études sur les inégalités socio-économiques en particulier ont connu un essor important. Les études reprenant la perspective des inégalités se sont multipliées et nous pouvons trouver des analyses sur les inégalités sociales de santé, les inégalités sociales à l’école, les inégalités de genre, les inégalités écologiques et de développement durable, etc.Pour ce qui est des « inégalités », ou différences, et de « l’ethno-racial », les travaux ont traditionnellement employé le terme « d’inégalités raciales » en Amérique Latine. Plus récemment, certains auteurs ont préféré utiliser l’idée d’inégalités sociales ou socio-économiques « en lien avec la couleur de peau ».  D’autres ont préféré parler d’inégalités « par ascendance ou appartenance ethno-raciale ». L’idée de la « dimension ethno-raciale des inégalités sociales » a aussi été utilisée. Dans cette optique, il existe des études intéressantes sur les inégalités et l’ethno-racial dans l’éducation, dans le marché du travail, dans les revenus familiaux, etc.Il est évident que la difficulté à dissocier l’étude des différentes inégalités est toujours présente. Comme l’indique Ascensión Baraño: « Les diverses formes d’inégalité […] se trouvent interconnectées avec des catégories de différence qui peuvent configurer par elles-mêmes des types spécifiques d’inégalité, non totalement réductibles aux premières. C’est le cas des catégories « raciales », d’âge et de genre ».[1]Suivant les pays, le thème de « l’ethno-racial » a été abordé de multiples manières, autant dans le champ politico-administratif qu’académique. Rappelons, comme l’indique Gaëlle Goastelle, l’écart existant dans le traitement de ces thèmes aux Etats-Unis et en France : « Aux Etats-Unis, c’est le melting-pot, le mélange des races et la variable ethno-raciale est le critère de mesure des inégalités sociales. En France, le modèle républicain, c’est l’être humain comme catégorie universelle et la mesure de l’injustice sociale se fait au moyen des catégories socioprofessionnelles, c’est-à-dire une catégorie euphémisée des classes sociales ».[2]En France, le thème des inégalités ethno-raciales a été repris en particulier par la sociologue Mirna Safi, principalement pour l’analyse du cas français.[3]Pour le cas latino-américain, les inégalités comprises strictement comme « ethno-raciales » ont étéanalysées récemment surtout par les sociologues ; durant la dernière décennie plusieurs travaux liés à ce thème ont été publiés pour des pays comme le Brésil et la Colombie.Ces études se sont principalement intéressées auxAfro-descendants dans l’objectif fondamental de mettre en relief la stigmatisation, de visibiliser les populations afro-descendantes et d’inviter à l’empowerment[4] et aux programmes d’affirmative action (discrimination positive) de ces populations pour obtenir l’inclusion politique, sociale et économique en tant qu’acteurs politiques des projets nationaux. La question a aussi été l’objet de travaux de la part de différents Etats latino-américains, mais aussi de la part de beaucoup d’associations et d’organisations non gouvernementales de droits humains. Ce qui nous intéresse ici, c’est d’analyser de ce que nous pouvons strictement appeler « inégalités ethno-raciales », et de mener une discussion comparative non seulement en termes chronologiques mais aussi spatiaux. Autrement dit, évaluer les inégalités ethno-raciales dans le temps (depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours), mais aussi les particularités et ressemblances de cas entre différents espaces géographiques du monde latino-américain et plus précisément au Mexique, en Amérique Centrale et dans les Caraïbes. Pour cette analyse, l’intérêt est de revenir sur les catégorisations ou catégories ethno-raciales, le traitement et la discrimination fondés sur le critère ethno-racial, les projets étatiques et nationaux et les catégories ethno-raciales, les recensements et les variables ethno-raciales, les espaces de ségrégation, la marginalisation, etc.L’objectif de notre rencontre sera d’étudier depuis une perspective pluridisciplinaire -mais essentiellement historique- le phénomène des inégalités ethno-raciales dans ces aires de l’Amérique Latine.

Coordination: Ronald SOTO-QUIROS Université de Bordeaux/AMERIBER, Université Bordeaux Montaigne

Catherine LACAZE Sciences Po Lyon/CEMCA  Les langues du colloque:Le français, l’anglais et l’espagnol.  

 

 

 


[1]           « Diferencias naturales y diferencias sociales », BARAÑO, Ascensión; et. al., Diccionario de relaciones interculturales: diversidad y globalización, Madrid: UCM, DL., 2007, p. 71, traduction des auteurs de cet appel à communications.[2]           GOASTELLE, Gaëlle, « La production des normes d’admission à l’enseignement supérieur : l’éclairage d’une comparaison internationale », LERESCHE, Jean-Philippe, La fabrique des sciences : des institutions aux pratiques, Lausanne: Presses polytechniques et universitaires romandes, 2006, p. 50 [pp. 43-62]. [3]           SAFI, Mirna, Les inégalités ethno-raciales, Paris : La Découverte, 2013. [4]           Sur la polysémie et l’emploi du terme « empoderamiento » en Amérique latine et « pouvoir d’agir » au Québec, voir : GUÉTAT-BERNARD, Hélène et LAPEYRE, Nathalie, « Les pratiques contemporaines de l’empowerment. Pour une analyse des interactions entre pratiques et théories, individu.e.s et collectifs (Introduction) ». FEUGEYROLLAS-SCHWEBEL, Dominique, et. al. Pratiques de l’empowerment.  Cahiers du Genre. 63/2017. Paris : L’Harmattan, 2017, p. 6 [pp. 5-22].

9e congrès de l'Association Internationale des Péruvianistes

MGP AIP
Appel à communication pour le 9e congrès de l'Asssociation Internationale des Péruvianistes organisé à Bordeaux en hommage à Bernard Lavallé et à ses recherches sur le Pérou colonial. Convocatoria en línea

 2e axe du congrès :  Le XIXe siècle au Pérou et l'avant-garde latino-américaine -  Centenaire de Manuel Gonzalez Prada (1844-1918). Convocatoria en línea

Organisation : José Antonio Mazzotti - Association Internationale des Péruvianistes ; Isabelle Tauzin-Castellanos - Université Bordeaux Montaigne. Réception des propositions jusqu'au 15 novembre 2017.

Convergencia de las artes en España, Portugal y Latinoamérica

Convergence des arts entre l'Espagne, le Portugal et l'Amérique latine.

Les propositions sont à adresser avant le 30 juin suivant les modalités de l'appel à communication ci-joint. PDF. Projet ERPIL : Nuria Rodriguez Lazaro

Colloque international à Bordeaux le 4 octobre, Lyon et Paris du 2 au 6 octobre 2017.

 

L'empreinte de l'esclavage et la Caraïbe- appel à communication

cubaAppel à communication 

L’empreinte de l’esclavage dans les pratiques culturelles et l’imaginaire social de la Caraïbe hispanophone (XX-XXI èmes siècles) - Convocatoria

Colloque international - 2,3 et 4 novembre 2017

Envoi des propositions à Mélanie Moreau-Lebert jusqu’au 15 mai 2017 : empreinteesclavagebordeaux[at]gmail.com. Résumé : 1000 caractères maximum, accompagnés d’un bref cv. Les propositions seront étudiées par un comité scientifique.

Dans Cepos de la memoria, publié en 2015, la cubaine Zuleica Romay tente d’appliquer les présupposés de René Depestre au cas de Cuba afin de savoir, si, comme le prétendait le poète et essayiste haïtien dans Buenos días y adiós a la negritud, les peuples afro-américains, et le peuple cubain en particulier, souffrent de « désordres psychologiques héréditaires liés au passé esclavagiste ».

Envisager l’esclavage et son empreinte négative comme point de départ pour l’analyse de certains phénomènes pathogènes de la racialité afro-caribéenne implique de tenir compte d’une spécificité propre. L’esclavage a construit des réalités différentes dans chaque pays en fonction des activités économiques de la plantation, du degré d’implication des groupes sociaux et des groupes dominants dans le commerce transatlantique, mais également des cultures et des ethnies en présence, des conditions spatiales, et du rôle des pratiques culturelles des esclaves dans la construction de la Nation. En outre, si les discours en faveur du blanqueamiento (Francisco de Arango y Parreño, José Antonio Saco…) ont contribué au XIX ème siècle à exclure le Noir de tout projet de construction nationale, les républiques postcoloniales ont souvent invisibilisé, discriminé et exploité les Noir.e.s, le mirage de l’égalité raciale déformant pour un temps la réalité. Force est de constater que la minimisation du rôle de la Révolution d’Haïti comme instigatrice des processus émancipateurs en Amérique latine, la méconnaissance de Toussaint Louverture comme précurseur des indépendances américaines, la marginalisation de la participation de la population de couleur dans la construction des nationalités, l’inaudibilité des discours des Noir.e.s n’ont commencé à être questionnées que très tardivement.

Pourtant, la naturalisation des inégalités, la légitimation de l’esclavage ont imprégné les relations sociales de racialité, et la société coloniale a construit et transmis un univers symbolique dont les valeurs, les codes et les représentations se sont ancrés si profondément dans les cultures caribéennes qu’aujourd’hui l’image de soi et le rapport aux autres continuent de s’envisager à travers le prisme de la couleur de peau. La dichotomie « blanco/ negro » s’applique non seulement à l’apparence, au langage, au corps, à la nourriture, mais à bien d’autres niveaux de la vie quotidienne.

En réponse à cette invisibilisation, les descendant.e.s de la « diaspora africaine » ont construit ou reconstruit une identité culturelle qui tient compte de l’expérience traumatique de l’esclavage et de la traite. Cette identité culturelle a généré à son tour une identité politique : l’afro-descendance, avec ce qu’elle contient de projets émancipateurs. Preuve en sont les programmes d’action et d’études (Decenio internacional para los Afrodescendientes 2015-2024 de l’ONU, Red de mujeres afrolatinoamericanas, afrocaribeñas y de la diáspora, Directorio de Afrocubanas…) qui se sont multipliés dans le monde et dans la Caraïbe.

D’autre part, en abordant le racisme, la discrimination, la drogue, la violence domestique, la spiritualité, les études féministes récentes ont replacé le discours des femmes afro-caribéennes dans l’histoire des idées de la Caraïbe, histoire dont elles furent exclues, et ont permis d’initier leur analyse, dans la perspective de « ennegrecer el feminismo » et de féminiser la négritude, en donnant de la visibilité au discours des afro-cubaines et des afro-descendantes. Quels sont les outils théoriques et méthodologiques les plus adéquats pour aborder cette histoire ? Comment faire en sorte que s’opèrent des changements substantiels dans le champ culturel et dans la société ? A partir de l’invisibilité des femmes noires, à l’intérieur de l’invisibilité des femmes en général, comment valoriser la mémoire historique?

Les intervenant.e.s seront également invité.e.s à mener une réflexion sur les changements récents. Quelles sont les répercussions des crises économiques et des changements sur les groupes sociaux les plus défavorisés, et donc les plus vulnérables ? En instaurant au sein de la société une compétition pour l’accès aux ressources, services et politiques sociales, n’exacerbent-elles pas ou ne rendent-elles pas plus visibles des attitudes et des pratiques de repli et d’exclusion ? Ces mutations ne risquent-elles pas de générer de nouvelles inégalités sociales, à prendre sous l’angle du genre et de la racialité, comme le montrent la résurgence des vendeurs ambulants, le retour des femmes à la sphère domestique, les discriminations de genre et de race dans le nouveau secteur privé, et l’intensification des relations verticales de domination. L’enjeu serait peut-être donc, comme le préconisait déjà Fernando Ortiz dans El engaño de las razas, de tendre vers une dé-racialisation des relations sociales.

Axes du colloque :

-Esclavage et nation

- Empreinte de l’esclavage dans les pratiques culturelles et sociales

- Sociétés esclavagistes et évolutions linguistiques

-Représentations et imaginaire

-Afro-féminisme et masculinités noires

-Afro-descendance

-Résurgence des inégalités/ Innovations politiques, sociales, économiques

Le colloque aura lieu du 2 au 4 novembre 2017 à l’Université Bordeaux Montaigne et au Musée d’Aquitaine. Envoi des propositions à Mélanie Moreau-Lebert jusqu’au 15 mai 2017 : empreinteesclavagebordeaux[at]gmail.com. Résumé : 1000 caractères maximum, accompagnés d’un bref cv. Les propositions seront étudiées par un comité scientifique.